violences en Birmanie

Carte publiée dans Libération – 16 octobre 2017 (cliquez pour agrandir l’image)

La Birmanie est un pays d’Asie dont la grande majorité de la population est bouddhiste mais il y a aussi des habitants musulmans, en particulier dans l’état d’Arakan (ou Etat Rakhine selon le régime birman). Le gouvernement veut éliminer cette population musulmane appelée rohingya, avec pour excuse le fait que quelques groupes de révoltés rohingyas ont attaqué des commissariats le 25 aôut dernier. La répression est terrible et il y a depuis de grandes violences meurtrières.

Des rescapés ont témoigné de la façon dont ils ont été arrêtés ou dont ils se sont échappés. Nous avons choisi de vous faire partager plusieurs extraits de ces témoignages lus dans le journal Libération du lundi 16 :

« A 9h du matin, des soldats et des policiers [birmans] sont entrés chez moi et m’ont arrêté avec mes deux frères. Ils nous ont traînés, nus, les bras derrière le dos, jusqu’à un terrain vague. Des dizaines et des dizaines d’autres musulmans s’y trouvaient déjà, agenouillés, le visage dans la boue. […] Sous mes yeux, les soldats  abattaient un par un les prisonniers, y compris des enfants et des vieillards. Ceux qui ne mourraient pas sur le coup étaient égorgés. Ils ont tiré deux balles à bout portant sur chacun de mes frères et moi. Ils sont morts sur le coup, j’ai perdu connaissance. Quand j’ai rouvert un oeil, un soldat m’a tiré dessus. » Mohammed ul-Hassan, 18 ans, racontant le massacre de Maung Nu Para, le 27 Août.

« Un premier groupe de femmes a été extrait de la foule et emmené. Puis ça a été mon tour, avec cinq autres femmes, dont certaines accompagnées de leurs enfants. Sur le chemin, on a croisé des soldats qui revenaient avec des couteaux ensanglantés. J’étais terrorisée. Quand ils nous ont poussées dans une maison, j’ai reçu un grand coup sur la tête. […] Quand j’ai repris connaissance, un soldat me traînait. Un autre arrachait à ma mère ses boucles d’oreilles et son collier en or. Je n’ai aucun souvenir des heures qui ont suivi. Quand je me suis réveillée, la maison brûlait. POur me sauver, j’ai dû ramper par dessus les cadavres des femmes et marcher sur les flammes. » Sofia, 15 ans, racontant le massacre de Tula Toli le 30 août.

On pense aux horreurs commises contre les juifs pendant la 2nde guerre mondiale. Pour nous c’est clairement un génocide*.

Le nombre de réfugiés arrivant au Bangladesh augmente de jour en jour et de nuit en nuit, c’est terrible. Depuis août, ils sont déjà au moins 536 000 à avoir fui le pays et à s’entasser dans des camps. Le Bangladesh (pays voisin de la Birmanie) doit faire face à une urgence humanitaire gigantesque. Un médecin travaillant dans un de ces camps et interrogé par Libération confie :  » Personne ne va vous le dire en face, mais on est complètement dépassés. Le risque d’épidémie est énorme. On se prépare au pire. La question n’est pas « si », mais « quand » ».

Loulou et Naïla

*génocide : élimination physique intentionnelle, totale ou partielle, d’un groupe national, ethnique ou religieux.

Une réflexion sur “violences en Birmanie

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